L’accueil collectif de la petite enfance : un enjeu de société qui peine à advenir

par les le 2 septembre 2018, dans Pédagogie, Regards sur la société

Un peu d’histoire

Au moment de leur création (milieu du 19e siècle), les crèches étaient des lieux hygiénico-sanitaires où l’objectif premier était de préserver les enfants de la mortalité infantile et des infections, risques encore très élevés à l’époque. Le personnel, composé principalement d’aides-soignantes n’ayant aucun diplôme, reproduisait des gestes médicaux à longueur de journée. Changes rapides, bains quotidiens, prise de température tous les matins, lavages de nez et d’yeux, constituaient un travail à la chaîne où l’enfant n’avait pas de place : il était un objet.

Dans les années 1960, et en particulier autour de mai ‘68, le combat des femmes pour leur droit à l’égalité, l’avènement de la contraception et la place de « bien précieux » que l’enfant a pris dans la société, ont entraîné une remise en cause du fonctionnement de la crèche. Parmi les raisons de cette remise en cause, il y avait le constat de la pauvreté affective des relations établies avec les enfants, du milieu insuffisamment stimulant et de l’exclusion
totale des parents sous prétexte d’un savoir sur l’enfant qui donnait une sorte de monopole du pouvoir au personnel. Cette remise en cause allait certainement de pair avec les revendications des femmes, qui voulaient construire leur vie professionnelle et s’y épanouir, tout en exigeant par ailleurs la garantie d’un milieu d’accueil épanouissant pour leurs enfants avant l’âge de l’école.

Bien entendu, ces attentes étaient et n’ont cessé d’être alimentées par la diffusion dans le grand public de toutes les recherches et découvertes sur les compétences des tout-petits, sur les besoins des bébés et l’importance d’y répondre et sur l’impact fondamental des toutes premières années au niveau du développement de la personnalité.
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Spécificités de la formation des professionnel-le-s en Petite enfance aux CEMÉA

par les le 2 septembre 2018, dans Expériences de terrain, Qui sommes nous ?

Préambule

« Un enfant de moins de trois ans n’est pas encore suffisamment armé pour vivre en collectivité. » Cette affirmation, le secteur Petite enfance des CEMÉA n’a de cesse de la répéter. Cependant, c’est un fait, les enfants de moins de trois ans sont accueillis dans des lieux collectifs où ils doivent se partager l’attention de l’adulte qui s’occupe d’eux. Il serait compliqué à l’heure actuelle en Belgique de changer cet état de fait. Cela mettrait en difficulté l’accès au travail pour toutes et tous, la possibilité pour chacun‑e de mener une carrière, une vie, en dehors de ses responsabilités parentales.

Par conséquent, il est indispensable de réfléchir comment ces lieux d’accueil peuvent fonctionner tout en garantissant que la réponse aux besoins spécifiques des enfants soit garantie. C’est aujourd’hui encore un grand défi d’y parvenir, pour des raisons sociétales et économiques notamment.
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La formation initiale et continue des professionnel-le-s de l’accueil 0-12 ans : donner (enfin) sa pleine dimension à l’éducation

par les le 2 septembre 2018, dans Expériences de terrain, Regards sur la société

Entretien (1) avec Florence Pirard, Chargée de cours à l’Université de Liège, au sein de la Faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l’Education et responsable de l’Unité PERF (Professionnalisation en Éducation : Recherche et Formation), Unité de recherche Enfances et DIDACTIfen…
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Être bien-traitant…

par les le 2 septembre 2018, dans Expériences de terrain, Pédagogie, Regards sur la société

« Les nurses semblent ne pas avoir peur des enfants, n’être jamais dépassées par leurs emportements violents. Peut-être parce que -alors que nous avons toujours quelque chose à nous reprocher avec les enfants- ces femmes sont certaines de toujours tout faire pour répondre au mieux à leurs besoins. Elles ne se retrouvent donc jamais acculées à la défensive. Pourtant, les colères des enfants ne glissent pas sur les nurses. Elles les atteignent, si elles ne les entament pas. Mais sereinement, en empathie avec l’enfant, elles se soucient de réconforter quand on s’attendrait à ce qu’elles sévissent. En termes de pratiques éducatives, une sorte de révolution copernicienne dont l’impact change en profondeur les enfants, les rassure et les apaise, se répercute à la longue sur leurs manières d’être, sur leur gestuelle et jusque sur les traits de leurs visages… »(1)

Bienveillance, bien-traitance, remédiation aux douces violences… Autant de termes utilisés à l’heure actuelle dans le cadre des milieux d’accueil de jeunes enfants.
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L’instinct maternel ou « La fête des mères »

par les le 2 septembre 2018, dans Regards sur la société

« Que l’enfant soit la fin suprême de la femme, c’est là une affirmation qui a tout juste la valeur d’un slogan publicitaire. » (1) – Simone de Beauvoir

Vous avez déjà certainement entendu des phrases comme « La maternité, c’est l’accomplissement d’une vie de femme ! », « Les enfants ont avant tout besoin de leur mère, surtout quand ils sont jeunes ! », ou encore « Les femmes savent bien s’occuper des enfants ; les hommes sont plus maladroits et ça ne les intéresse pas »…

Ces idées reçues enferment les femmes et les hommes dans des rôles et leur induisent des comportements, des attitudes, voire des émotions, auxquels elles-ils seront enclin à se conformer, consciemment ou inconsciemment. Ces stéréotypes sexués impliquent aussi un rapport à la norme dans les rôles parentaux : ce qui est acceptable, admis, attendu… d’un père ou d’une mère à notre époque, dans notre société. Mais d’où viennent ces idées reçues ? Qu’est-ce qui fonde ces stéréotypes autour des rôles et comportements parentaux ? La réponse tient en quelques mots : l’instinct maternel. Cette croyance qui voudrait que les femmes, non seulement ressentent toutes le désir d’avoir un enfant, mais aussi qu’elles aiment d’emblée leur nouveau-né et y sont attachées, qu’elles savent instinctivement comment s’en occuper et que, de manière générale, les femmes sont plus qualifiées que les hommes dans le soin et l’éducation des enfants.
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De homo sapiens à homo consommabilis

par les le 2 septembre 2018, dans Regards sur la société

Depuis juin 2016, la Fédération Internationale des CEMÉA (FICEMÉA) a lancé un appel contre la marchandisation de l’éducation. Quand on évoque cette transformation sociétale en cours, on pense en premier à l’émergence d’une privatisation de l’école, à l’apparition de plus en plus florissante d’« officines de remédiation scolaire », au foisonnement de publications à destination des parents sur « la bonne manière d’aider son enfant dans ses études », etc.

Cependant, il apparaît que la marchandisation de l’éducation est présente dans la vie de l’enfant dès son premier cri, voire dès sa conception. Pour de plus en plus de personnes qui s’intéressent à son sort, l’enfant quitte la catégorie de l’homo sapiens pour entrer dans celle de l’homo consommabilis. Nous pourrions parler d’une nouvelle étape dans l’humanité : celle de la disparition de l’être humain face au consommateur ou à la consommatrice.
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Cet enfant ne fait rien

par les le 2 septembre 2018, dans Pédagogie, Regards sur la société

Surprendre un enfant qui semble ne rien faire peut déstabiliser des yeux adultes. Ennui, paresse, et inactivité sont en effet des ennemis à combattre et le temps de l’enfance est absolument pensé pour les éviter. Mais encore faut-il s’entendre sur ce que ce “ rien faire ” signifie pour l’enfant, sur la nature de ce qui est d’emblée caractérisé d’inactivité. L’écart entre ce que l’adulte peut percevoir de l’activité de l’enfant et l’activité réelle de celui-ci peut parfois être important.
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