Mot-clé: groupe

« Tu n’as rien vu à Matonge, rien ! »

par les le 10 juin 2010, dans Pédagogie, Regards sur la société

Le formateur apprenant, ou la place de la surprise en formation.

Etre face à un groupe,quelle que soit la fonction occupée, animateur ou formateur, amène son flot de questions. L’une des plus récurrentes, porte sur la manière dont le groupe va intégrer la proposition pédagogique et les enseignements qu’il va en tirer1.

Toute proposition est bien sûr incarnée, portée par l’animateur, le formateur. Dans cette incarnation se jouent des compétences, des connaissances,du savoir faire et … des regards. Regards que l’animateur, le formateur porte sur lui-même, sur le contenu de la formation, sur le groupe et regards que les participants, voire l’équipe, posent sur lui.

Encore plus que de regards,il peut être question ici de risque. A savoir, le risque pris, assumé par le formateur d’accepter que le groupe dispose toujours d’une réelle liberté dans ses représentations et ses actions. Concevons-nous cependant, en tant que formateurs, ce groupe comme réellement libre ? Jusqu’où cherchons-nous à le façonner selon nos attentes, nos préjugés,nos prédictions ? Lire la suite…

  1. Cette interrogation vaut autant pour l’animateur de groupe d’enfants que le formateur d’adultes. Chacun est préoccupé par le résultat à obtenir. Ainsi dans un atelier modelage avec des jeunes enfants, la réussite de l’activité ne se mesurera pas seulement à la qualité esthétique des oeuvres, mais aussi (surtout!) aux plaisirs à jouer avec une matière, à expérimenter des formes, à être en relation avec d’autres dans le groupe et puis à la fin de l’atelier dans le rangement, et pour peu que l’atelier se soit déroulé à l’extérieur … au nettoyage au tuyau d’arrosage. Et tant pis si durant ce dernier moment, l’eau emportera quelques réalisations ! []

« Face de bouc ! »

par les le 13 avril 2010, dans Regards sur la société

Les jeunes soumis à l’exclusion plutôt qu’à l’éducation

Deux affaires nous sont rapportées récemment (notamment Le Soir du 1er avril) : deux jeunes adolescents renvoyés de leur Athénée respectifs (Alleur et Waterloo). L’une d’elle, une jeune de 13 ans est exclue à l’unanimité du conseil de classe au motif d’avoir « utilisé les médias (Facebook) pour porter atteinte à l’intégrité morale, psychologique et professionnelle d’un professeur et, par la même occasion, porté un préjudice grave à la réputation de l’école. »

Ces décisions, qui ne sont pas des actes isolés, ont déjà été critiquées tant par les parents des élèves, que par le délégué général aux droits de l’Enfant, M. Bernard Devos.

En tant que mouvement d’éducation, nous complétons ces critiques et dégageons quelques propositions éducatives dont la portée est également politique. Lire la suite…


Le respect en mots… et en actes

par les le 1 juillet 2008, dans Expériences de terrain, Pédagogie

Ces mots, affirmés par les CEMEA, le sont aussi dans les discours des uns et des autres. Posons dès lors notre attention sur la mise en place de ce respect… Car c’est là que se trouvent les écarts. Et la question qui se pose ici est de savoir comment un animateur permet à l’enfant d’être dans un climat de respect.

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Jeux de mystification = brimades

par les le 1 janvier 2008, dans Pédagogie

Leurs noms évoquent d’agréables saynètes pour acteurs en herbe ou quelques tableaux à mimer : « L’autostoppeur », « Le tribunal », « Le mariage chinois », «L’acupuncteur », « La momie », etc.

Dans certains milieux et dans l’imaginaire collectif, ils demeurent le prototype même des jeux de veillée. Leur persistance dans les centres de vacances, camps d’adolescents ou séjours pour adultes et leur transmission depuis plusieurs générations d’animateurs auprès des enfants et des jeunes est liée au besoin de conformité sociale qui nous habite. On trouve trace de certains dans des manuels, à la rubrique « Jeux de sang froid et de maîtrise de soi », qui sont destinés à endurcir leurs participants et regroupent des activités extérieures de nuit et quelques pseudo jeux d’intérieur (l’escabeau, le baquet d’eau, l’avion).

Ces « jeux » comportent tous le même scénario, à savoir : la mise en situation difficile d’une ou plusieurs personnes, sous couvert de jeu, face à un public, avec la présence rassurante mais trompeuse d’adultes de référence.

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Se transformer ou l’art d’apprivoiser sa vie

par les le 1 juin 2007, dans Pédagogie

«Action collective tendant à produire un changement d’idées, d’opinions ou d’organisation sociale.» Nous pourrons lire ces quelques mots à la 56e ligne, de la 1234e page du Robert des noms communs (1999).

Aux CEMEA, notre action n’est pas conséquence du hasard. Elle est guidée par ce que nous appelons communément des options éducatives, cinq principes que traduisent nos pratiques.

Si l’on prenait un shaker et que l’on y versait chacun de ces principes, en le secouant bien, il en résulterait une formation ou, en y modifiant certains ingrédients, un centre de vacances. L’accueil que nous proposons aux enfants est réfléchi de manière à ce que chacun soit respecté, parce qu’il est une personne à part entière. Les activités sont mises en place au bon moment, c’est-à-dire qu’elles correspondent aux envies, aux attentes, aux projets individuels et collectifs, qu’elles suscitent l’envie de recherche, d’observation, de création, de développement et dans certains cas, de dépassement de soi. Chacun évolue dans une collectivité, au sein de laquelle la vie du groupe s’organise et favorise la rencontre de l’autre.

Avant même d’articuler nos principes pour les mettre en pratique, nous posons le postulat suivant : chacun peut se développer et se transformer au cours de sa vie, il en a le désir et les possibilités.

Illustrons ce propos par une petite histoire.

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(Petites) Histoires de désirs et d’évolutions

par les le 1 juin 2007, dans Expériences de terrain

« Chacun a en lui le désir et les possibilités d’évoluer, de changer, de se transformer… » Ce principe qui guide notre action, nous l’avons soumis à des animateur-trices et coordinateur-trices CEMEA en leur posant la question : « Et toi, sur le terrain, comment vis-tu ce principe ? Qu’as-tu envie d’en dire ? » Lire la suite…


J’ai fait le rêve…

par les le 1 avril 2006, dans Pédagogie

D’un centre de vacances ou de loisirs de juillet, d’août, de Pâques, sans la Trinité. D’un directeur animé de solides convictions éducatives qui a débattu avec l’organisateur de la mise en oeuvre du projet éducatif, lui-même élaboré en concertation avec les parents et les partenaires sociaux. D’animateurs embauchés avant le bouclage définitif du projet pédagogique qu’ils ont contribué, avec l’équipe de direction, à rendre « opérationnel ».

Et d’enfants,

Et de jeunes,

… Partenaires incontournables de ce fameux projet pédagogique qui, quoi qu’on en pense, n’aura de réalité qu’à l’issue du séjour

J’ai fait le rêve

D’une vie quotidienne fondée sur les besoins des participants, dans le cadre de leurs vacances,

D’une vie collective au service de chacun dans toute la richesse du groupe.

D’activités organisées à partir des souhaits des enfants, de tous leurs souhaits, de leurs seuls souhaits. Et pour certaines, par les enfants eux-mêmes!

D’animateurs au service des activités et du bien-être des enfants.

De réunions d’enfants où la parole soit libre, où la démocratie s’exerce, où la citoyenneté s’acquiert.

J’ai fait le rêve

De savoirs qui se construisent dans ces temps de vacances : parce que librement choisis, parce que réponses à un besoin. Besoin de l’enfant lui-même, besoin personnel unique.

De réponses trouvées parce que la question est permise.

De savoirs acquis dans l’expérimentation et l’aventure.

Dans la mise en jeu de soi même avec l’aide et la sécurité que le groupe fonde.

J’ai fait le rêve d’animateurs effervescents d’enthousiasme, de responsabilité et de folie, avec pour seul contrat, leur engagement volontaire, que des directeurs reconnaissent pour ce qu’ils sont, et forment.

D’animateurs se construisant en aidant les autres à se construire.

J’ai fait le rêve

Que tout ça était accessible à tous.

Que s’y mêlaient tailles, sexes et couleurs, origines et cultures, religions et habitudes, dans le lieu du rire ensemble. Dans le lieu du vivre ensemble.

J’ai fait le rêve

Que tout cela était très sérieux.

On peut plus rêver?

Alain Gheno – Les Cahiers de l’Animation Vacances Loisirs, Avril 2006


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