C’est quoi ton Boulot ?

par les le 1 janvier 2003, dans Pédagogie, Regards sur la société

Lorsqu’un quidam me demande ce que je fais comme boulot, je réponds que je « forme » des animateurs de centres de vacances, de rue et de quartier, des coordinateurs, des délégués d’élèves, que « j’anime » des enfants dans des séjours ou des plaines de vacances, des ateliers, …

Parfois, j’ajoute que je participe à un mouvement qui veut faire et voir évoluer les pratiques dans les domaines de l’animation, de l’enseignement, de la santé, de l’action sociale, de la petite enfance.

Aujourd’hui, j’ai l’occasion d’en dire (un peu) plus.

Je crois que toute personne doit pouvoir, de manière autonome, agir et construire ses savoirs à partir de ce qu’elle est et non telle qu’on souhaiterait qu’elle soit.

Je crois aussi que toute personne peut développer ses compétences et progresser émotionnellement et intellectuellement .

Je crois aussi, grâce à Piaget, Wallon et d’autres que la connaissance se construit. Apprendre est une auto-transformation : c’est remettre en question ses représentations, c’est accepter de rompre un équilibre initial pour en trouver un autre riche d’un nouveau savoir. Apprendre engage donc une suite d’actions mentales où la personne est sujet.

C’est sur ces trois piliers que je m’appuie dans mon travail d’animateur et de formateur.

Ce travail consiste donc à créer les conditions appropriées à la concrétisation de ces trois piliers qui ne peuvent pas être que des discours.

S’il va de soi que la première condition est la confrontation aux autres, la nécessité du groupe en tant que tel est loin d’être suffisante. Il suffit de regarder du côté de l’école.

De même que créer un espace de « parole libre », de « participation active » en restant face au groupe ne produit pas un système d’interaction approprié.

Ou encore adopter une disposition spatiale plus pertinente (un cercle par exemple), mais laisser affleurer des attitudes moralisatrices ou culpabilisantes ne prend pas en compte la reconnaissance de l’autre, etc. , etc.

Mon travail c’est, dit autrement, toujours en référence à ces trois piliers, arriver à concilier des exigences opposées :

  • individualisme /recherches de règles collectives;
  • prise en compte de la subjectivité des personnes singulières/affirmation des valeurs communes;
  • demandes d’autonomie /attentes de protection, sécurité, autorité;
  • cheminement personnel du sujet /apprentissage collectif du respect.

Cet apprentissage collectif du respect renvoie à d’autres apprentissages. Ceux du sens de la responsabilité, de la lutte contre les discriminations, de l’ouverture croissante à la différence culturelle et, une fois que l’on a reconnu la même possibilité à autrui, à l’apprentissage de la maîtrise de sa propre expérience.

Cette démarche vise donc à transformer les rapports entre les personnes et entre les groupes, elle participe à la réalisation d’un projet. Le projet d’une société différente qui s’oppose à la devise « moins on prend en compte d’humains ou de non humains mieux on se porte ».

Les CEMEA viennent d’adhérer au Forum Social de Belgique né du Forum Social Mondial (Porto Alegre). C’est la moindre des choses.


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