Madagascar : des réalités se croisent

par les le 1 janvier 2008, dans Regards sur la société

Des animateurs, des formatrices, des profs du secondaire, du supérieur, d’université, des instits, des éducateurs, des responsables d’association, des avocats, des médecins…

Des noms nouveaux qui sonnent plus ou moins étranger à nos oreilles : Serguei, Rodin, Aimé, Valdas, Claudio, Ferhat, Ibrahim, Gualberto, Elmer, Aparicio. D’autres plus habituels : Claudine, Paul, Myriam,Yvette, Albert, Jean-Marie.

Des porteurs de projets, des acteurs de terrain et des délégués d’ associations membres de la FICEMEA de 34 pays d’Europe, d’Afrique, d’Amérique Latine, de l’Océan Indien et du Proche Orient…

Des experts et représentants des autorités publiques et des organisations internationales. Des représentants d’ONG engagés dans des projets de développement durable de l’Océan Indien. De l’Océan Indien ? Oui parce que c’est là que nous sommes : au centre d’une des plus grandes îles du monde, à Antananarivo pour les autorités, à Tananarive pour les francophones, à Tana pour les malgaches, capitale de Madagascar.

Nous ? La centaine de participants à l’assemblée générale ainsi qu’au Forum Mondial de la Fédération Internationale des CEMEA. Forum au thème ambitieux : «Construire une citoyenneté active pour un monde durable ».

Voilà pour le décor. Pour le fond, quelques lignes de conduites : notre domaine de compétence et de travail, c’est l’éducation. Il s’agit donc de faire des propositions de pratiques d’éducation, de formation, d’imaginer comment faire.

  1. Aborder les savoirs que les apprenants doivent se construire pour agir en faveur de l’éducation au développement durable, à la décroissance soutenable.
  2. Définir des comportements à mettre en place et donc la transformation de certains comportements habituels. Cette transformation ne s’obtient pas en dispensant des leçons mais par la définition et le respect de règles de vie ad hoc et la réflexion sur ce qui est vécu.
  3. Nos propositions pédagogiques nécessitent une adaptation au public auquel elles s’adressent (enfants, adolescents, adultes…) et au cadre dans lequel elles se situent (éducation formelle/ éducation non formelle…). Les nuances entre les situations pédagogiques proposées doivent être explicitées, justifiées, valorisées…
  4. Le même effort doit être fait pour tenir compte des spécificités des populations concernées : modes de vie, niveau des ressources, culture (d’hier et d’aujourd’hui). C’est une des richesses de la FICEMEA de pouvoir réfléchir aux conséquences pédagogiques à tirer des différences évoquées ici et que nous représentons. Il faudra essayer de montrer comment un principe valable partout peut se concrétiser dans des pratiques finement adaptées aux personnes concernées.
  5. Il s’agit, en se référant à nos principes et à nos pratiques d’éducation active qui sont loin d’être partagés par l’ensemble de la communauté éducative, de proposer, chaque fois que possible, des démarches originales. Il faut y recourir. Des pratiques courantes pour certains peuvent être nouvelles pour d’autres.
  6. On peut penser que sur certains points étudiés, tous les participants ne seront pas d’accord. Ces désaccords ne seront pas gommés, mais au contraire explicités et argumentés. Ils feront partie de la richesse de notre production. Nous ne devons pas rechercher l’unanimité à tout prix mais plutôt l’approfondissement de la réflexion.
  7. Les travaux de ce Forum enrichiront aussi notre connaissance mutuelle et notre approche particulière des problèmes. Tensions, rigolades, engueulades, prises de tête, découvertes de pratiques multiples, diverses n’ont pas manqué de nous épuiser et de nous enrichir. Les conclusions ? Début 2008 elles seront remises à l’UNESCO et accessibles sur le site http://www.cemea.asso.fr/forumeduc/index.htm

Quant à l’assemblée générale, elle a peaufiné sa charte, procédé au renouvellement de son conseil d’administration et nommé son nouveau président. En l’occurrence, il s’agit de Roger Dehaybe, ancien administrateur général de l’Agence Intergouvernementale de la Francophonie (AIF) qui milite, et nous avec lui, pour une alphabétisation dans la langue maternelle de l’apprenant et contre la marchandisation de l’éducation. Nous aurons l’occasion d’y revenir.


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