Rêver, c’est créer… Construire, c’est choisir

par les le 1 janvier 2008, dans Pédagogie

L’animateur propose des activités aux enfants, aux jeunes. C’est son boulot. Et cela paraît relativement simple : bâtir une cabane dans les sous-bois, entonner une ritournelle en chemin, jouer à cache-cache, faire voler des cerfs-volants… Qui se plaindrait de journées comme celles-là ?

Mais l’animation n’est pas seulement synonyme de plaisir. Elle est avant tout le résultat d’une démarche, d’une recherche, d’une réflexion. L’animateur est un éducateur, au sens large du terme. Le jeu par lequel il entamera l’après-midi, la place qu’il prendra à table lors du repas, les couleurs qu’il mettra à disposition pour l’atelier peinture… toutes ces petites actions ne sont pas le fruit du hasard. Elles résultent d’intentions pédagogiques précises. Ces intentions ont un sens. Un sens pour les enfants que l’animateur rencontre chaque jour, et non pour les enfants, en général, dans la société. Un sens aussi, par rapport au lieu dans lequel le groupe est accueilli. Un sens encore, vis-à-vis des conditions météorologiques ou de la durée du centre. La réflexion de l’animateur est constamment liée à ce qui se vit, là, à ce moment-là, avec ces personnes-là, dans ces conditions-là.

Il faut toutefois préciser que donner du sens à ce que l’on fait, en tenant compte de toutes ces composantes, ne signifie pas que celles-ci nous conviennent. Elles sont là, elles existent, elles font partie intégrante de « l’ici et maintenant ». Encore faut-il évaluer la pertinence qu’elles ont face aux principes éducatifs que l’animateur choisit de défendre. C’est alors que ce dernier endosse un rôle d’analyste…

  • Donnée A : il neige. Les chutes de neige étant si rares dans nos régions et l’émerveillement des enfants si intense que l’animateur décide d’en profiter.
  • Donnée B : le papa d’un enfant est menuisier. Cette donnée-ci est elle aussi très intéressante, car la construction de jouets en bois est l’une des envies exprimées par les enfants.
  • Donnée C : certains enfants se connaissent déjà, ils vont dans la même école. Cet élément-ci ne correspond pas au projet de l’animateur. Il voudrait que les vacances soient l’occasion pour les enfants de vivre autre chose que durant l’année scolaire.
  • Donnée D : l’un des locaux est un ancien grenier dont les murs sont entièrement recouverts de bois. Ce revêtement confère à cette pièce un charme et une chaleur qui plaisent énormément à l’animateur.

L’animateur fait donc le tri. Il choisit, dans les opportunités qui s’offrent à lui, celles qui rejoignent ses orientations pédagogiques. Et tout ne s’arrête pas là ! Bien au contraire, c’est ici que tout commence.

La suite aurait alors pu être celle-ci…

Les enfants, répartis en petits groupes d’âges proches (et non selon leurs affinités), auraient été invités dans l’atelier de menuiserie et auraient scié de grandes planches en bois pour construire des luges et glisser durant de longues heures dans la neige fraîche. Ils se seraient, enfin, réchauffés dans le grenier, transformé en un lieu doux et apaisant et se seraient blottis dans les coussins, pour se raconter leurs impressions et souvenirs de cette belle journée d’hiver.

Ou celle-ci…

Le grenier, aménagé en atelier, aurait donné aux enfants la possibilité de s’essayer à la construction de jouets, grâce aux outils prêtés par le papa menuisier. En effet, chaque matin, plusieurs options d’activités manuelles auraient été proposées aux enfants, dont la participation à cet « atelier bois ». La répartition des groupes se serait donc effectuée en fonction du choix de chacun. Etant donné la météo, l’un des choix proposés aurait été la création de bonshommes de neige et d’igloos…

La réalité que construit l’animateur est celle qui lui semble pertinente au regard de ses enjeux éducatifs. Chacun des choix posés participe à la construction de ce que sera le centre de vacances.


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