Mot-clé: animation

Le collage

par les le 1 juin 2007, dans Activités

Un matériel de base : magazines, journaux. Oser associer des mots et des expressions qui, d’habitude, ne se côtoient pas stimule l’imagination et permet d’entrer de plain-pied dans la création avec un matériau concret que l’on peut manipuler, découper, sentir. Lire la suite…


Se transformer ou l’art d’apprivoiser sa vie

par les le 1 juin 2007, dans Pédagogie

«Action collective tendant à produire un changement d’idées, d’opinions ou d’organisation sociale.» Nous pourrons lire ces quelques mots à la 56e ligne, de la 1234e page du Robert des noms communs (1999).

Aux CEMEA, notre action n’est pas conséquence du hasard. Elle est guidée par ce que nous appelons communément des options éducatives, cinq principes que traduisent nos pratiques.

Si l’on prenait un shaker et que l’on y versait chacun de ces principes, en le secouant bien, il en résulterait une formation ou, en y modifiant certains ingrédients, un centre de vacances. L’accueil que nous proposons aux enfants est réfléchi de manière à ce que chacun soit respecté, parce qu’il est une personne à part entière. Les activités sont mises en place au bon moment, c’est-à-dire qu’elles correspondent aux envies, aux attentes, aux projets individuels et collectifs, qu’elles suscitent l’envie de recherche, d’observation, de création, de développement et dans certains cas, de dépassement de soi. Chacun évolue dans une collectivité, au sein de laquelle la vie du groupe s’organise et favorise la rencontre de l’autre.

Avant même d’articuler nos principes pour les mettre en pratique, nous posons le postulat suivant : chacun peut se développer et se transformer au cours de sa vie, il en a le désir et les possibilités.

Illustrons ce propos par une petite histoire.

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La périlleuse rencontre des désirs

par les le 1 juin 2007, dans Pédagogie

Peindre, courir, chanter, construire, inventer, observer, flâner, danser, lire, jouer, discuter, rire, projeter, manger, oser, se déguiser… 1001 facettes de l’animation. Mais au travers des activités proposées, c’est surtout une histoire humaine qui se déroule.

Animer, c’est proposer des activités… Un peu court comme définition ? Pas forcément ! Parce qu’en arrière-plan des propositions, il y a des choix. Parce que choisir, c’est promouvoir des choses et renoncer à d’autres. Parce que promouvoir des choses, ce n’est ni gratuit ni le fruit du hasard. Les propositions naissent d’une perception de la réalité de l’animateur, d’enjeux qu’il a identifiés chez les enfants et les jeunes (l’autonomie, l’expression, la coopération…), de la sécurité relative dans laquelle il se trouve pour mettre en place des activités qui font sens.

En animation, les activités participent d’une vision de l’éducation (celle de l’animateur, de l’équipe, de l’association…) et, par conséquent, d’enjeux sur la société et le monde.

Animer, c’est lancer un ballon, dessiner au fusain, ronder… Mais il est aujourd’hui politiquement incorrect de ne définir l’animation qu’au travers des activités proposées. En effet, un langage différent nous est imposé, langage qui ambitionne de justifier pédagogiquement le travail d’animation… Il s’agit de faire une démonstration du bien-fondé de l’action : « un exposé, basé sur l’identification d’une problématique précise, faisant état de l’efficience envisagée des processus à l’œuvre (différents dispositifs stratégiques) pour produire une situation nouvelle, réputée meilleure… »

Cette façon instrumentale de présenter le travail des animateurs et des animatrices paraît ambitieuse… Elle est toutefois réductrice, ignorant le plaisir, la relation, l’émotion. L’animation apparaît de la sorte désincarnée, laissant finalement très peu de place aux désirs des enfants et des jeunes. A l’extrême, cette visée éducative façonne des enfants « modèles ». Modèles pour l’animateur ! L’enfant

est quasi ignoré quant à ce qui vient de lui. Or, ce que nous revendiquons dans l’animation, c’est « accompagner les enfants et les jeunes dans la réussite de leurs projets, être à leur écoute, répondre à leurs besoins et à leurs attentes, les rendre acteurs de leurs découvertes et créations…»1 Lire la suite…

  1. « Extrait du projet pédagogique des animations des CEMEA (page 15) » []

(Petites) Histoires de désirs et d’évolutions

par les le 1 juin 2007, dans Expériences de terrain

« Chacun a en lui le désir et les possibilités d’évoluer, de changer, de se transformer… » Ce principe qui guide notre action, nous l’avons soumis à des animateur-trices et coordinateur-trices CEMEA en leur posant la question : « Et toi, sur le terrain, comment vis-tu ce principe ? Qu’as-tu envie d’en dire ? » Lire la suite…


J’ai fait le rêve…

par les le 1 avril 2006, dans Pédagogie

D’un centre de vacances ou de loisirs de juillet, d’août, de Pâques, sans la Trinité. D’un directeur animé de solides convictions éducatives qui a débattu avec l’organisateur de la mise en oeuvre du projet éducatif, lui-même élaboré en concertation avec les parents et les partenaires sociaux. D’animateurs embauchés avant le bouclage définitif du projet pédagogique qu’ils ont contribué, avec l’équipe de direction, à rendre « opérationnel ».

Et d’enfants,

Et de jeunes,

… Partenaires incontournables de ce fameux projet pédagogique qui, quoi qu’on en pense, n’aura de réalité qu’à l’issue du séjour

J’ai fait le rêve

D’une vie quotidienne fondée sur les besoins des participants, dans le cadre de leurs vacances,

D’une vie collective au service de chacun dans toute la richesse du groupe.

D’activités organisées à partir des souhaits des enfants, de tous leurs souhaits, de leurs seuls souhaits. Et pour certaines, par les enfants eux-mêmes!

D’animateurs au service des activités et du bien-être des enfants.

De réunions d’enfants où la parole soit libre, où la démocratie s’exerce, où la citoyenneté s’acquiert.

J’ai fait le rêve

De savoirs qui se construisent dans ces temps de vacances : parce que librement choisis, parce que réponses à un besoin. Besoin de l’enfant lui-même, besoin personnel unique.

De réponses trouvées parce que la question est permise.

De savoirs acquis dans l’expérimentation et l’aventure.

Dans la mise en jeu de soi même avec l’aide et la sécurité que le groupe fonde.

J’ai fait le rêve d’animateurs effervescents d’enthousiasme, de responsabilité et de folie, avec pour seul contrat, leur engagement volontaire, que des directeurs reconnaissent pour ce qu’ils sont, et forment.

D’animateurs se construisant en aidant les autres à se construire.

J’ai fait le rêve

Que tout ça était accessible à tous.

Que s’y mêlaient tailles, sexes et couleurs, origines et cultures, religions et habitudes, dans le lieu du rire ensemble. Dans le lieu du vivre ensemble.

J’ai fait le rêve

Que tout cela était très sérieux.

On peut plus rêver?

Alain Gheno – Les Cahiers de l’Animation Vacances Loisirs, Avril 2006


De l’ortie au plantain

par les le 27 mai 2005, dans Activités

Profitons de plantes que l’on trouve très facilement, pour préparer avec son groupe les herbes que l’on a cueillies ensemble… Si bien sûr nos sollicitations ont recueilli un écho favorable auprès des enfants !

Récoltons de préférence les jeunes plants, au printemps, loin des abords des routes trop passantes ou des décharges publiques, en prenant garde de ne pas nous piquer : apprenons aux enfants à saisir les orties dans un mouvement du bas vers le haut, car leurs poils urticants ne se brisent en libérant leur acide que lorsqu’ils sont repoussés vers le bas. Ou, si chacun a emporté une paire de ciseaux, coupons adroitement les feuilles du sommet : elles sont plus tendres (même en été). Surtout ne nous munissons pas de gants : nous perdrions tous ce petit frisson propre au risque! Le risque qui est en germe dans l’activité véritable, celle qui sert au développement de l’enfant ! Cette part de prise d’un nouveau pouvoir sur son environnement dont il faut bien faire l’apprentissage !

A propos d’apprentissage, au cas où l’un d’entre nous se piquerait, pensons au plantain qui pousse communément près des orties ; le suc ou quelques feuilles écrasées sur les gourmes calmeront rapidement les démangeaisons. Son effet est identique sur les piqûres d’insectes.

Que faire avec les enfants des plantes ainsi récoltées ? Lire la suite…


Notre action est menée en contact étroit avec la réalité. Le milieu de vie joue un rôle capital dans le développement de la personne

par les le 25 mai 2005, dans Expériences de terrain

Voir la montagne ou le terril ?

Depuis septembre 2004, tout les jours après l’école, et toute la journée durant les vacances scolaires, des enfants investissent l’ atelier créatif des cemea situé sur l’ancien charbonnage du Bas-Bois à Soumagne dans la région liégeoise. Entre les différents bâtiments se dresse le châssis à molette dit « belle fleur »… A côté, l’ancien terril …Lieu chargé d’histoires humaines,  de cultures, vécu par plusieurs générations de travailleurs, inconnu de ses nouveaux utilisateurs à qui la mémoire fait défaut.

Le terril, s’improvise terrain de jeux, devient crotte de dinosaure géant ou montagne à gravir… Espace imaginé à conquérir …

A d’autres moments, le terril, où la nature a repris ses droits, se transforme en  espace de découverte de sa flore et de sa faune.

Aujourd’hui l’imagination règne en maître sur le lieu, le territoire naturel est balbutiement, celui de la mémoire inexistant. L’équipe d’animatrices pourrait en rester là… Cela serait sans compter sur leurs projets et le projet éducatif des cemea qui est faire de l’éducation à l’environnement  un facteur d’éducation à la citoyenneté.

Un environnement pour trois territoires : l’imaginaire, le naturel, le mémoriel

Trois territoires à explorer, à comprendre, à s’approprier à transformer pour que ce lieu devienne milieu de vie.

L’approche sensible et ludique est une dimension éducative à part entière.

Refuser le sensible ou le ludique serait priver l’éducation à l’environnement de réels moyens pédagogiques, l’enfermer dans une austérité et un dessèchement rébarbatif. Mais, réduire l’éducation à l’environnement à ces démarches ludiques ou sensibles revient à l’inverse à transformer celle-ci en une sorte de «  religiosité » : sentir et rencontrer le milieu pour l’aimer et la protéger.

L’éducation à l’environnement n’esquive donc pas son rapport à la science, aux sciences. Elle contribue à développer la culture scientifique sans exclure le doute et la critique.

Pour dépasser la réduction par trop fréquente de l’éducation à l’environnement à l’écologie (réflexion sur le  partenariat  de l’Homme et de la Nature) la réflexion doit s’élargir aussi à la réflexion sur le partenariat  entre les hommes eux-mêmes.


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