Mot-clé: autonomie

La périlleuse rencontre des désirs

par les le 1 juin 2007, dans Pédagogie

Peindre, courir, chanter, construire, inventer, observer, flâner, danser, lire, jouer, discuter, rire, projeter, manger, oser, se déguiser… 1001 facettes de l’animation. Mais au travers des activités proposées, c’est surtout une histoire humaine qui se déroule.

Animer, c’est proposer des activités… Un peu court comme définition ? Pas forcément ! Parce qu’en arrière-plan des propositions, il y a des choix. Parce que choisir, c’est promouvoir des choses et renoncer à d’autres. Parce que promouvoir des choses, ce n’est ni gratuit ni le fruit du hasard. Les propositions naissent d’une perception de la réalité de l’animateur, d’enjeux qu’il a identifiés chez les enfants et les jeunes (l’autonomie, l’expression, la coopération…), de la sécurité relative dans laquelle il se trouve pour mettre en place des activités qui font sens.

En animation, les activités participent d’une vision de l’éducation (celle de l’animateur, de l’équipe, de l’association…) et, par conséquent, d’enjeux sur la société et le monde.

Animer, c’est lancer un ballon, dessiner au fusain, ronder… Mais il est aujourd’hui politiquement incorrect de ne définir l’animation qu’au travers des activités proposées. En effet, un langage différent nous est imposé, langage qui ambitionne de justifier pédagogiquement le travail d’animation… Il s’agit de faire une démonstration du bien-fondé de l’action : « un exposé, basé sur l’identification d’une problématique précise, faisant état de l’efficience envisagée des processus à l’œuvre (différents dispositifs stratégiques) pour produire une situation nouvelle, réputée meilleure… »

Cette façon instrumentale de présenter le travail des animateurs et des animatrices paraît ambitieuse… Elle est toutefois réductrice, ignorant le plaisir, la relation, l’émotion. L’animation apparaît de la sorte désincarnée, laissant finalement très peu de place aux désirs des enfants et des jeunes. A l’extrême, cette visée éducative façonne des enfants « modèles ». Modèles pour l’animateur ! L’enfant

est quasi ignoré quant à ce qui vient de lui. Or, ce que nous revendiquons dans l’animation, c’est « accompagner les enfants et les jeunes dans la réussite de leurs projets, être à leur écoute, répondre à leurs besoins et à leurs attentes, les rendre acteurs de leurs découvertes et créations…»1 Lire la suite…

  1. « Extrait du projet pédagogique des animations des CEMEA (page 15) » []

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